Les motifs qui m'ont porté à faire cette relation, sont simplement l'idée de ne pas oublier les évenemens de notre navigation, et en conséquence je me suis proposé d'écrire succintement les choses les plus remarquables fait en mer et dans les endroits où nous aborderons, comme leur situation, leur climat, leurs productions etc.
J'observerai peu la méthode des pilotes qui marquent journellement les routes et le chemin que le navire fait dans chaque 24 heures, les vents régnans, leurs observations astronomiques, les courants des eaux ou le flux et reflux de la mer, les départs et les jours d'arrivée dans chaque endroit, les heures des mouillages et la qualité des fonds avec la quantité d'eau en profondeur qu'il y a dans les ports, enfin le relèvement des terres, sans aucune autre marque historique.
Telle est la forme de leurs journaux maritimes qu'ils sont obligés de faire pour servir de routier aux autres voyages et pour corriger les cartes marines quand elles en ont besoin.
Cette partie du pilotage n'étant pas à ma portée, ni de ma compétence, je ne l'ai pas suivie régulièrement, mais j'aurai souvent recours à ses écrits pour y prendre des notes.
Avant que de me mettre en besogne, je marquerai les raisons qui m'ont engagé de voyager dans les pays lointains, et les différentes routes que j'ai fait par terre avec la distance des endroits et la description des grandes villes, afin que si je suis obligé de refaire le même chemin, je ne sois point en peine de le redemander; et finalement je mettrai en abrégé quelques circonstances de mes précédens voyages sur mer au service de la Compagnie des Indes établie au port de l'Orient en basse Bretagne.